Jamais deux sans trois

 

Jamais deux sans trois…

« Je t’emmène en voyage…

Un voyage à travers moi

À travers toi

Pour que l’on puisse se comprendre

Réussir à bâtir ensemble pour rendre

Notre vie mémorable et créer des partages.

De cœur à cœur, Zarah »

jamais deux sans trois

Choisir un pays d’accueil, c’est tout un travail. On ne peut pas le décider sur un coup de tête…enfin en tous les cas…je ne le conseille pas. Je te raconte mon histoire. Je suis arrivée ici en juin 1999. La raison officielle de ma venue était d’étudier à l’université, mais la raison dite officieuse et la vraie raison c’était l’amour. J’ai suivi. En soi, l’amour est un bon choix. Le problème c’est quand on n’assume pas son choix. Je suis venue avec tellement d’attentes que j’aie vécu l’enfer.

jamais deux sans trois

Premièrement, je n’ai pas pris le temps de connaître le pays. Oui je suis venue visiter Montréal en été 1998, mais je ne voyais à ce moment-là que le beau côté. Que peut-on voir de négatif quand on vit d’amour et d’eau fraiche ? Je n’avais pas prévu tous les changements que j’allais vivre : le changement de température bien entendu.

Jje suis indienne, née en Côte d’Ivoire, alors disons que je suis passée de 35 degrés à l’ombre à moins 15 degrés. Il y a eu aussi le changement vestimentaire, alimentaire et social. Puis, le changement de la langue, oui je parle français…mais il y a quand même un tout petit accent ici, non ? Je n’avais pas pris le temps de penser à ces changements, ni de me faire un plan de match, à me donner une chance de m’adapter. Ma famille était loin, car je venais de quitter mes parents et mon frère. La solitude faisait partie de mon quotidien malgré l’amour. Je me suis rendu compte de tout cela il n’y a pas longtemps…et je dois dire que j’ai eu beaucoup de compassion et d’amour pour la jeune étudiante que j’étais.

Il faut dire que mes attentes non comblées n’ont pas aidé à m’intégrer ! Je me suis fait quand même quelques bons amis (ils se reconnaîtront :)), mais wow, j’ai pris le mur !

Inutile de dire qu’avec tous ces changements et mes attentes, j’étais devenue un monstre qui critiquait le pays, les gens et je n’étais pas la meilleure personne avec qui passer du temps. Après quelques mois, mon couple n’a pas tenu. Et c’est là que tu vas me demanderer : es-tu retourné dans ton pays ? J’étais diplômée de HEC Montréal et tout laissait croire que je rentrerai.

Eh bien non ! Je suis restée prendre de l’expérience et finalement, je me suis mariée avec un québécois et nous avons fondé une famille. Et le choix du pays dans tout cela ? Il paraît que quand on choisit mari on choisit le pays. Oui et non :). J’ai réussi à convaincre mon mari de me suivre en Côte d’Ivoire. Malheureusement le rêve fut bref puisque la guerre nous a ramenés à Montréal…je fus catapulter exactement au même endroit qu’en 1999 pour la troisième fois.

La première fois, c’était avec mes parents, mais je n’étais qu’un projet ou pas, dans leur tête. Ils étaient venus visiter le Québec et mon père trouvant qu’il faisait trop froid avait décidé de s’installer en Côte d’Ivoire. Puis l’amour me fit venir à Montréal et têtue comme je suis-je quitte encore Montréal et cette fois c’est la guerre qui m’y ramena. Avec du recul, ce que je comprends, c’est que depuis le départ j’aurai dû naître au Québec.

Attention, je n’ai pas dit que j’étais d’accord avec la vie :). Je ne suis pas d’accord, je ne comprends pas toujours pourquoi (en vieillissant, le pourquoi devient plus clair), mais par contre j’accepte. J’ai déposé les armes l’année dernière à l’hiver 2016. Oui tu as bien lu,  j’ai passé 17 ans à être en réaction et en même temps ce fut un processus, un passage obligé où j’ai appris le lâcher-prise. En guise de lâcher-prise, d’accueil et d’acceptation, je me suis agenouillée dans la neige et j’ai dit cette phrase : je suis fatiguée de me battre, alors si ma vie doit être ici elle le sera, montre-moi le chemin et je vais le suivre.

Maintenant que cette partie est acquise, je me suis penchée sur qui j’étais ! Ce n’est pas rien, n’est-ce pas ? En fait, ce n’était pas tant dans mes valeurs ni ce que je voulais faire ou pourquoi je le faisais, car tout ceci est très clair pour moi, mais c’était plus le besoin d’intégrer le Québec en moi qui s’exprimait. Je te rappelle, je suis indienne à cent pour cent, née en Côte d’Ivoire, avec une éducation française, mariée à un québécois. Comme dit mon amie Judith, c’est l’ONU en moi et autour de moi. Je suis toutes ces cultures, toutes ces religions, toutes ces éducations différentes, toutes ces manières de faire, d’agir et d’être en même temps. Je suis citoyenne du monde. Une citoyenne qui aime aller à la rencontre de l’autre.

jamais deux sans trois

Chaque choix a des conséquences, prendre le temps de savoir quelles conséquences nous voulons vivre est crucial afin d’assumer notre choix.

Pour ma part, j’ai laissé mon pays me choisir puisque j’ai réalisé qu’il ne sert à rien de résister aux grands voyages qui s’imposent au cours de notre vie.

De cœur à cœur, merci à toi.

Zarah

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1 réflexion sur “Jamais deux sans trois”

  1. Raf Ba

    c’est le destin dont on est incapable de le contrarier, personne ne sais ce que nous réserve demain, nous rencontrerions le bonheur si et seulement si, nous accepterions positivement notre destin et nos choix.
    A travers ton voyage et ton expérience Zarah, j’ai pu en tirer une précieuse leçon, c’est qu’il faut osé partir, voyager, conquérir et surtout osé faire des choix jusqu’au bout et là les bonnes choses les meilleurs vont nous choisir tout à fait comme ton pays t’a choisi.

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